Du filament 3D aux matériaux vivants, Iris van Herpen réinvente la mode au musée Kunsthal de Rotterdam, faisant du corps une architecture du futur. Jusqu’au 1er mars 2026, le Kunsthal Rotterdam plonge les visiteurs dans l’univers fascinant de la créatrice néerlandaise avec « Sculpting the Senses », une exposition qui dévoile une centaine de créations où technologie et artisanat se mêlent pour sculpter le futur sur la peau.
« Sculpting the Senses » nous invite à une immersion sensorielle dans l’univers d’Iris van Herpen. L’exposition retrace son parcours et ses créations en les faisant dialoguer avec d’autres disciplines artistiques, comme autant de passerelles entre la mode, l’art et la science.
Un univers qui façonne le vivant
Le parcours s’articule autour de neuf grands thèmes narratifs.
Parmi eux, « Skeletal Embodiment » que l’ on peut traduire littéralement par Incarnation squelettique, interroge le corps comme une architecture vivante :
jusqu’où peut-on le transformer ou l’habiller sans trahir son anatomie ni entraver sa liberté de mouvement ? Le vêtement n’est plus un simple habit, mais une enveloppe organique, presque vivante, façonnée au plus près de l’humain.
« Je veux que mes créations deviennent une seconde peau », Iris van Herpen.
Pour donner corps à cette réflexion, l’exposition joue avec les contrastes : organique et squelettique, biomorphique et presque architectural. Ses fibres torsadées et ses nervures dessinent des lignes vivantes, rappelant tour à tour un tronc d’arbre, une double peau, un espace niché à l’intérieur d’un autre.
Quand le corps devient l’expression d’un monde invisible
La mode dépasse alors le vêtement, qui devient sculpture, architecture du corps, art vivant. Iris réinvestit l’artisanat en y ajoutant technologie, expérimentation et expérience sensorielle. Son travail principal consiste à interroger la position du corps dans l’espace.
Elle imagine le futur du corps et de la mode dans un monde en pleine mutation, à travers des réflexions sur la matière, la biologie, l’écologie et le vivant. Elle touche ainsi un large public, des amateurs de mode, d’art, d’architecture et de science, jusqu’aux passionnés de philosophie.
Cette exposition, c’est vivre un univers de sons, d’espaces, de lumières et de formes, qui suscite émotion, réflexion et questionnement.
Auteure : Alice Ruiz
Étudiante en architecture à Rennes, je m’intéresse aux dialogues entre formes, textures et contextes. Mon écriture cherche à mettre en lumière les passerelles entre architecture, mode et culture visuelle. Chaque projet raconte une histoire.